COP25 : La politique est polluée

Cet article est la traduction libre du communiqué de presse COP25: Politics are polluted de l’association Greenpeace publié le 15 décembre 2019.

Notez que les notes de bas de pages, les liens externes et les notes dans le texte entre [crochets] sont rajoutés à titre d’information complémentaire. La traduction ainsi que ces informations complémentaires sont aussi fidèles que possible au texte original mais n’engagent que moi. Pour toute citation – veuillez vous reporter au texte initial.


Madrid, Espagne – Les avancées progressistes de la 25ème COP ont une fois de plus été compromises par les combustibles fossiles et les intérêts des entreprises qui voient dans un accord multilatéral sur la lutte contre l’urgence climatique une menace pour leurs marges bénéficiaires. La porte a été littéralement fermée sur les valeurs et les faits alors que la société civile et les scientifiques réclamant la fin de l’urgence climatique ont été temporairement interdits à la COP25. Au lieu de cela, les politiciens se sont querellés autour du projet de trafic de carbone « Article 6 »[1], qui menace les droits des peuples autochtones et met une étiquette de prix sur la nature. La plupart des hommes politiques n’ont montré aucun engagement à réduire les émissions ici et n’ont clairement pas compris la menace existentielle de la crise climatique.

Lisez ici les attentes de Greenpeace à la COP25.

Le chef de délégation de Greenpeace International à la COP, Juan Pablo Osornio, a déclaré :

Ce résultat décevant est un signe que la CCNUCC[2] ne peut pas être le seul endroit où les politiciens doivent rendre des comptes dans la lutte contre l’urgence climatique et pour ramener les émissions à des niveaux scientifiquement sûrs. Nous avons besoin d’espaces multilatéraux pour être libres des intérêts privés à buts lucratifs qui continuent de nous bloquer d’un avenir que nous voulons et que nous savons possible. Le succès repose sur un ensemble plus large d’institutions financières, commerciales et de développement qui peuvent s’unir pour le changement systémique nécessaire à la réalisation d’un Global Green Deal ([accord vert mondial]).

Le directeur national de Greenpeace Chili, Matías Asun, a déclaré :

Il est très clair que, tout en ayant la présidence de la COP25, le Chili n’a pas réalisé de progrès dans la lutte contre l’urgence climatique. Le Chili a perdu une occasion parfaite de montrer son leadership climatique. Au lieu de cela, il a confirmé à nouveau que le charbon restera jusqu’en 2040. Les progrès réels ont été réalisés par des gens qui avancent pour de vrais changements tout en poussant ceux qui observent passivement notre environnement se faire détruire. Les personnes qui souffrent le plus d’injustice sociale et d’inégalité par l’injustice écologique et climatique sont celles qui peuvent entendre l’appel à la protection de la planète. Le gouvernement et les élites du monde des affaires doivent entendre cela et se réveiller pour apporter de réels changements. Le monde est plus éveillé que jamais, et nous n’arrêterons pas d’exiger que nos dirigeants mettent fin à la crise climatique.

Mario Rodríguez Vargas, directeur général de Greenpeace Espagne, a déclaré :

Les politiciens ne peuvent plus ignorer les preuves scientifiques et l’indignation des citoyens qui exigent une réponse forte et urgente à l’urgence climatique. Le résultat de cette Conférence des Parties ([COP]) laisse trop de travail à faire, alors que nous avons besoin maintenant d’un véritable leadership. L’action politique en Espagne et dans toute l’Europe doit faire de la lutte contre le changement climatique la priorité numéro un qui répond aux intérêts sociaux, et non à ceux des oligopoles industriels. L’Espagne a bien réussi à organiser la COP25, et maintenant que le Conseil européen a accepté de demander à la Commission européenne de proposer de nouveaux objectifs plus ambitieux pour 2030 à temps pour la COP26. Cela devrait définitivement pousser le prochain gouvernement espagnol à réduire l’objectif national d’émissions d’au moins -55% d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 1990.

Li Shuo, conseiller en politique mondiale, de Greenpeace East Asia, a déclaré :

COP25 a démontré l’ambition collective des plus grands émetteurs du monde. Le tricycle des Etats-Unis, de la Chine, et de l’UE sur le climat a eu une roue retirée par Trump. En 2020, il est essentiel que les deux roues restantes se synchronisent. La décision prise par les dirigeants chinois l’année prochaine n’est pas seulement essentielle pour sauver la réputation climatique de Pékin, elle est aussi importante pour la manière dont le monde perçoit la Chine à l’ère d’une géopolitique de plus en plus agitée.

La directrice générale de Greenpeace International, Jennifer Morgan, a déclaré :

Les gouvernements doivent complètement repenser leur façon de faire, parce que le résultat de cette Conférence des Parties est totalement inacceptable.

La COP25 a été qualifiée comme étant technique, mais elle est devenue plus que les négociations. Cette conférence a mis en lumière le rôle des pollueurs dans la politique et la profonde méfiance des jeunes à l’égard des gouvernements. Nous avions besoin d’une décision qui réponde à la jeunesse, qui prenne la science comme guide, qui reconnaisse l’urgence et déclare une urgence climatique. Au lieu de cela, des bloqueurs climatiques comme le Brésil et l’Arabie Saoudite, facilités par un leadership chilien irresponsable et faible, ont négociés des accords sur le carbone et ont piétinés les scientifiques et la société civile.

L’Accord de Paris a peut-être été victime d’un coup avec délit de fuite d’une poignée de puissantes économies de carbone, mais celles-ci sont du mauvais côté de cette lutte, du mauvais côté de l’histoire et l’Accord de Paris n’est qu’une pièce du puzzle.

Nous avons besoin de changements systémiques auxquels les gens peuvent faire confiance.

Les décideurs doivent rentrer chez eux et se regrouper. Il y a des forces positives à l’oeuvre, la High Coalition Ambition [la Coalition pour une Haute Ambition Coalition[3]] nous a offert une bouée de sauvetage cette semaine, et les petits États insulaires sont de plus en plus forts chaque jour, maintenant en vie l’Accord de Paris.


  • [1]: l’article 6 de l’Accord de Paris (intégralement ici) est un article controversé prévoyant un système d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre entre des pays qui en émettent trop, et des pays qui en émettent moins.
  • [2]: CCNUCC (ou UNFCCC en anglais) est Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Site Web ici.
  • [3]: en anglais, High Ambition Coalition, est une coalition de pays appelant à accélérer la lutte contre le réchauffement climatique (voir ici malheureusement seulement en anglais).

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